Le salpêtre et ce qui l'accompagne
Sur une façade, le salpêtre forme un dépôt blanchâtre, parfois poudreux, le plus souvent dans le bas du mur. D'autres signes l'accompagnent souvent. Chacun raconte quelque chose sur le chemin de l'eau.
- Une bande plus sombre au pied du mur, avec une limite en vagues
- Le bas du mur reste mouillé. L'Agence Qualité Construction décrit ces traces irrégulières ou ondulées, qui peuvent monter à plusieurs mètres, avec une partie plus sombre en dessous.
- Une peinture qui cloque ou qui part par plaques
- L'eau pousse derrière le film. Une peinture extérieure trop fermée emprisonne l'humidité du mur au lieu de la laisser sortir, et elle cloque.
- Un enduit qui se décolle et laisse voir le dépôt
- C'est le stade le plus avancé. L'humidité a fini par détacher l'enduit ou la peinture, et le salpêtre apparaît dessous.
- Une tache sous une fenêtre, sous une descente ou près d'une fissure
- Ici, l'eau ne monte pas du sol. Elle arrive à un endroit précis, par le haut ou par le côté. La tache est localisée, la cause aussi.
- Des moisissures sur le même mur, côté intérieur
- L'humidité traverse le mur jusqu'à la pièce. La même eau qui dépose le salpêtre dehors fait pousser les moisissures dedans.
Quatre chemins pour l'eau
Le salpêtre dit qu'il y a de l'eau, pas d'où elle vient. Sur une façade, elle arrive en général par l'un de ces quatre chemins. Les distinguer change toute la réparation.
Par le sol : la remontée capillaire
L'eau du sol imprègne le pied du mur, puis monte dans la maçonnerie comme dans une mèche. Elle s'évapore plus haut et y laisse ses sels. Les murs anciens en pierre ou en brique sont les plus exposés : ils n'ont en général aucune coupure de capillarité à leur base, à la différence des constructions récentes.
Par la pluie qui rejaillit
Une terrasse, une allée ou un trottoir collé à la façade renvoie la pluie sur le bas du mur à chaque averse. De la terre en contact avec le mur garde aussi le pied de façade humide.
Par une gouttière ou une descente
Une gouttière qui déborde ou une descente qui déverse au pied du mur envoient l'eau toujours au même endroit. Un tuyau percé fait de même. La tache part alors d'un point précis et s'étale en dessous.
Par un enduit qui empêche le mur de sécher
Un mur ancien laisse toujours passer un peu d'humidité, qui doit pouvoir s'évaporer à travers son enduit. Un enduit ciment ou une peinture trop fermée bloque cette sortie. L'eau monte alors plus haut pour s'évaporer et fait sauter le revêtement. Ce n'est pas la source de l'eau, mais c'est ce qui aggrave les dégâts.
Si l'eau monte vraiment du sol
Une vraie remontée capillaire n'est plus une affaire de peinture. La fiche de l'Agence Qualité Construction sur les remontées capillaires commence par un diagnostic. Il s'agit de vérifier que l'humidité monte bien du sol, et qu'elle ne vient pas d'une infiltration ou de condensation. Deux familles de solutions existent ensuite.
- Couper la remontée : injection de résine dans la maçonnerie, tôles d'acier inoxydable insérées dans le mur, procédés par électro-osmose, entre autres.
- En limiter les effets : drainage autour de la maison raccordé à une évacuation, maçonnerie laissée à nu pour qu'elle sèche plus vite, doublage ventilé côté intérieur.
Le choix dépend du mur et de l'accès à ses deux faces. Pour un avis neutre avant de vous engager, les conseillers France Rénov' donnent des conseils gratuits. Le site de ce service public indique l'Espace conseil le plus proche de chez vous.
Ce que je regarde avant de toucher au mur
Je suis installé à Trignac, au bord du marais de Brière, et j'interviens à Trignac et à Saint-Nazaire. Quand je viens voir un mur marqué par le salpêtre, je commence par le tour de la maison. La pente du terrain, l'écoulement des eaux de pluie, une gouttière qui déborde, de la terre en contact avec le mur : tout compte. On règle la cause d'abord. Repeindre ne sert à rien tant qu'elle est là.
Ensuite seulement vient la façade. Sur une maison ancienne dont l'enduit ciment cloque sur plusieurs mètres carrés, c'est un décroûtage puis un enduit neuf qu'il faut : un enduit qui laisse respirer le mur. Ailleurs, une reprise plus limitée peut suffire. Si l'eau passe par une fissure, la façon de savoir si elle bouge est expliquée dans fissure sur un mur extérieur : comment savoir si c'est grave.
La visite et le devis sont gratuits, et je ne facture pas le diagnostic. Mon travail sur les façades est détaillé sur la page façadier à Saint-Nazaire, et celui des maisons anciennes du bourg et de la cité des forges sur la page reprise de fissures à Trignac. Pour une visite, appelez le 06 21 10 23 26.
Les questions qu'on me pose sur le salpêtre
- Le salpêtre peut-il disparaître tout seul ?
- Le dépôt se brosse, mais il se reforme tant que le mur reçoit de l'eau. Une fois l'arrivée d'eau réglée et le mur sec, il n'a plus de raison de revenir.
- Peut-on repeindre un mur qui a du salpêtre ?
- Pas tant qu'il est humide : la peinture cloquerait et finirait par se décoller. Il faut d'abord régler l'arrivée d'eau, laisser sécher le mur, puis choisir une finition qui laisse sortir l'humidité.
- Une maison récente peut-elle avoir du salpêtre ?
- C'est plus rare, car les constructions récentes ont en général une coupure de capillarité à la base des murs. Mais un enduit qui descend jusqu'au sol peut lui-même pomper l'eau. Et une descente qui fuit ou une pluie qui rejaillit mouillent n'importe quel mur.
